mardi 17 mars 2009

L'EAU, ENJEU VITAL DU XXI e SIECLE

« Les guerres du XXIe siècle auront l'eau pour enjeu » déclarait en 1995 le vice président de la Banque mondiale, Ismaïl Serageldin. L'homme n'était pas pessimiste, il était visionnaire. A l'heure où j'écris ces mots, des femmes et des hommes s'affrontent encore pour ne pas mourir de soif à travers le monde.

Le manque d'eau est un fléau ancien qui dépeuple des continents, au même titre que la maladie.

Longtemps, on a tenté de résoudre le problème par l'instauration de politiques nationales et la mise en chantier de grands travaux, tels ceux qu'ont connu l'Irak, la Syrie ou la Turquie dans la deuxième moitié du vingtième siècle. Las, malgré les sommes colossales investies, on est encore loin du compte. L'eau continue à manquer, et on estime à près d'un milliard, le nombre de personnes qui, aujourd'hui, n'ont pas accès à l'eau potable sur notre planète, conduisant à des répercussions importantes en termes d'alimentation, de santé publique ou même d'éducation.

Des urgences grandissantes

Parmi les engagements pris par les chefs d'Etat lors du Sommet du Millénaire organisé par les Nations-Unies en 2000, figure l'objectif de diminuer ce chiffre de moitié, à l'horizon 2015.
Le temps nous est compté. D''ici à 2025, les besoins en eau auront augmenté de manière exponentielle. L'agriculture mondiale qui consomme déjà 70% des ressources d'eau de la planète, verra ses besoins progresser de 20 %. On prévoit en effet que les surfaces irriguées passeront à environ 330 millions d'hectares, alors que leur superficie actuelle est d'environ 260 millions.

En 2050, la Terre comptera 10 milliards d'habitants. Si nous n'avons pas agi d'ici là, les problèmes d'approvisionnement des terres cultivées, mais aussi de certaines grandes métropoles seront devenus insolubles.

Au delà de l'accès à l'eau potable, reste à traiter l'épineux problème du traitement des eaux usées, et de leur retour au milieu naturel dans une perspective de Développement Durable. 2,5 milliards de personnes n'ont toujours pas accès à l'assainissement.

Le Terre est malade de la pollution générée par les activités humaines. Le réchauffement climatique en témoigne. Si nous n'agissons pas de manière forte sur le traitement des eaux usées, nous risquons de compromettre toute perspective de développement des pays émergents, car l'eau douce disponible sera polluée par les rejets. Il ne restera alors qu'un choix à ses habitants : mourir de soif ou de maladie.

Au rythme actuel, les objectifs vitaux du Millénaire ne devraient être atteints en moyenne qu'en 2016 pour l'eau potable, et qu'en 2022 pour l'assainissement, mais avec de fortes disparités régionales, notamment en Afrique subsaharienne.

Il est urgent d'agir. C'est une urgence sanitaire et morale.

Agir local, penser global

S'il s'agit d'abolir les frontières de l'indifférence, il faut aussi faire tomber celles de la pensée. Il faut cesser de croire que les solutions peuvent être envisagées à un échelon régional, voir national.

Les solutions sont d'ordre géopolitique. Elles passent par la ratification de traités internationaux.

La concertation internationale est seule capable d'ouvrir la voie d'une coopération responsable et d'un partage des ressources à l'échelle planétaire.

La prise de conscience existe. En 2006, au Forum de l'eau de Mexico, j'avais participé à la création du projet de coalition parlementaire internationale sur l'eau. Pour la première fois, des représentants des assemblées de différents pays ouvraient l'immense chantier de la coopération politique dans ce domaine.

Une initiative qui n'est pas restée sans suite puisque - fait sans précédent - le Forum Mondial de l'Eau d'Istanbul réunit en ce moment même l'ensemble des niveaux politiques pour envisager les modes d'une nouvelle gouvernance de l'eau. Chefs d'Etat, ministres, représentants des collectivités territoriales, membres des parlements nationaux, voir supranationaux (le Parlement Européen en particulier) sont assis à une même table. Et lorsque les hommes se parlent, c'est le respect des droits humains qui progresse. Car l'accès à l'eau et à l'assainissement est un droit. Au même titre que l'accès aux soins médicaux.
Un devoir de réussite.

Représentant de la France, et animateur des travaux parlementaires de ce sommet, je mesure la responsabilité qui est la nôtre. Car, les parlementaires sont au cœur du processus politique de cette rencontre internationale, en tant qu'échelon politique en charge du vote de la loi, des budgets nationaux et de la ratification des traités internationaux.

Durant nos travaux, je garderai quelques données en mémoire :
 Depuis le début du XXe siècle, la consommation d'eau douce a été multipliée par sept sur la planète ;
 Au cours des trente dernières années, les quantités d'eau disponibles sont passées d'une moyenne de 12 900 m3 à 6800 m3 par habitant et par an ;
 L'eau non potable est la 1ère cause de mortalité dans le monde, et tue 10 fois plus que les guerres.

Ces chiffres nous placent devant une impérieuse nécessité, celle de conduire et de réussir le dialogue politique, car sans lui, le développement anarchique de nos civilisations nous mènera à une réelle hydrocatastrophe planétaire.

A l'échelle de nos civilisations, la coopération sur l'eau est une idée neuve, elle est l'avenir de l'humanité, elle sera aussi sa dignité. Il faudra qu'un jour très prochain, certains cessent de penser en termes de « territoire », car ils ont une vision déjà passéiste de la gestion des ressources naturelles. La Terre est un village que nous devons apprendre à gérer en commun. Nous sommes collectivement les artisans de notre avenir.

Aujourd'hui, comme demain dans le cadre de prochaines rencontres internationales, soyons tous conscients que si notre voisin meurt de soif aujourd'hui, c'est notre propre famille qui connaitra le même sort, demain !

L'urgence existe pour tous. L'ignorer, c'est se condamner.

Jean-François LE GRAND
Président du Cercle Français de l'Eau
Sénateur de la Manche
Président du Conseil général

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Communiqué envoyé le 03/17/2009 07:20:48 PM via le site Categorynet.com dans la rubrique Environnement

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